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Pourquoi DeepL refuse de se précipiter en Bourse

Pourquoi DeepL refuse de se précipiter en Bourse

Malgré des rumeurs d'IPO, DeepL préfère le capital-investissement à la Bourse. Entre restructuration interne et volabilité du secteur IA, analyse du choix de son fondateur.

Publié le
2026-10-04
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Malgré des rumeurs d'IPO, DeepL préfère le capital-investissement à la Bourse. Entre restructuration interne et volabilité du secteur IA, analyse du choix de son fondateur.

Pourquoi DeepL n'est pas pressée d'entrer en Bourse

La startup DeepL naît à Cologne en août 2017. Pour se distinguer de Google Translate, elle mise sur deux choses : des traductions plus naturelles, et des textes traités sur ses propres serveurs, en Allemagne et en Islande. En mai 2024, elle lève 300M$ sur une valorisation de 2B$, alors qu'elle n'est pas encore rentable. En octobre 2025, Bloomberg révèle qu'elle étudie une entrée en Bourse aux États-Unis, peut-être dès 2026.

En avril 2026, ses clients reçoivent un mail : leurs données ne seront plus traitées uniquement sur les serveurs de DeepL, mais aussi sur ceux d'Amazon Web Services. Les textes des entreprises clientes pourront passer par l'Europe, les États-Unis ou le Japon. Pour qu'ils restent dans une seule région, il faut désormais le demander, et parfois payer en plus. Joerg Peter Weishaupt dirige Malogica, une société portugaise qui développe des logiciels. Il avait choisi DeepL justement parce que ses données restaient en Europe. Il a contesté les nouvelles conditions, puis décidé de changer de fournisseur.

Le 7 mai, le fondateur, Jarek Kutyłowski, annonce la suppression d'environ 250 postes, soit un quart des effectifs. Et la raison qu'il donne, c'est l'IA. Pas celle que DeepL vend à ses clients, celle qu'elle utilise en interne : selon lui, elle rend une partie de ces postes inutiles. Il veut des équipes plus petites, moins de niveaux hiérarchiques, et il reprend lui-même en main le quotidien de l'entreprise.

Fin septembre, invité du podcast de Tech.eu, il revient sur ces deux épisodes. Et il refroidit ceux qui attendaient une IPO.

La Bourse, explique-t-il, est en ce moment un terrain glissant pour la tech et l'IA. Il préfère la stabilité, et il trouve qu'être une entreprise privée a beaucoup d'avantages. Il s'inquiète aussi des introductions en Bourse attendues d'OpenAI et d'Anthropic, qui risquent de secouer tout le secteur.

Que serait-il arrivé si la société avait été cotée ? Les serveurs d'Amazon, le client qui a claqué la porte, un quart des salariés licenciés : il aurait fallu tout expliquer chaque trimestre devant des analystes et peser chaque mot susceptible de faire réagir le cours de Bourse, le tout sous les yeux de tous.

Si DeepL peut se passer de la Bourse, c'est qu'on trouve aujourd'hui dans le non-coté une partie de ce qu'elle seule offrait dans les années 1990. Des fonds privés investissent 300M$ d'un coup, et les actionnaires qui veulent vendre trouvent preneur sur le marché secondaire du non-coté. Les entreprises tech sont donc moins nombreuses à entrer en Bourse, et elles le font bien plus tard. Les chiffres sont sans appel. En 1996, 276 d'entre elles se sont cotées aux États-Unis, avec un âge médian de 7 ans. En 2025, elles n'étaient plus que 34, avec un âge médian de 12 ans, d'après les données de l'économiste Jay Ritter.

La Bourse garde pourtant ses avantages.

‍Les actions s'y vendent à tout moment, elles peuvent servir à payer le rachat d'une autre entreprise, et les salariés peuvent facilement revendre les leurs. Kutyłowski, lui, estime que le non-coté l'emporte, du moins pour l'instant.

Ses investisseurs, eux, continuent de la suivre, et de près. Les fonds reçoivent ses chiffres et réévaluent leur participation entre deux levées, souvent sans le rendre public. Ces estimations ne fixent pas un prix de vente et ne fluctuent pas au quotidien : DeepL peut mener sa transformation sans rendre des comptes au marché chaque matin. Le verdict viendra à la prochaine levée, ou le jour de son entrée en Bourse.

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Octobre Rose : 3 startups du portfolio à suivre dans la lutte contre le cancer du sein

DÉTECTER

Chipiron développe une IRM à ultra-bas champ, compacte et sans infrastructure lourde, avec l’ambition de rendre cette technologie plus accessible. Son premier cas d’usage : le dépistage du cancer du sein, notamment chez les femmes aux seins denses, pour lesquelles les performances de la mammographie peuvent être réduites.

PERSONNALISER

One Biosciences ambitionne de mieux caractériser chaque cancer afin d'identifier le traitement le plus adapté à chaque patient. La biotech parisienne concentre notamment ses recherches sur le cancer du sein triple négatif, qui représente 15 à 20 % des cancers du sein. Cette forme particulièrement agressive reste difficile à traiter, notamment faute de biomarqueurs suffisamment fiables pour prédire la réponse aux traitements. Spin-off de l'Institut Curie, One Biosciences développe OneMap™, une technologie combinant analyse en cellule unique et intelligence artificielle pour étudier l’hétérogénéité de la  tumeur.

RECONSTRUIRE

Lattice Medical intervient après une mastectomie, lorsque se pose la question de la reconstruction du sein. La medtech lilloise développe MATTISSE : une bioprothèse imprimée en 3D qui sert temporairement de support à la régénération des propres tissus de la patiente, avant de se résorber progressivement. L’objectif : reconstruire naturellement le sein avec les tissus de la patiente, sans implant permanent et avec une intervention moins lourde que certaines techniques de reconstruction autologue

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