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Pourquoi toutes les actions ne se valent pas

Pourquoi toutes les actions ne se valent pas

Pré-IPO et marché secondaire : qu'achetez-vous vraiment ? Comprenez l'impact des classes d'actions et la méthode d'analyse privilégiée par Blast.

Publié le
2026-08-16
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Toutes les actions ne se valent pas

Depuis quelque temps, une petite musique revient dès qu'une pépite non cotée comme SpaceX ou Anthropic fait la une : il suffit d'acheter des actions juste avant l'IPO pour les revendre quelques mois plus tard avec une belle plus-value, vite et sans risque. C'est évidemment trop beau. D'abord parce qu'une IPO peut ouvrir en baisse. Mais surtout parce qu'on oublie deux questions avant même de parler de gain : à quel prix on achète, et qu'est-ce qu'on achète vraiment. Car une action n'est pas un objet unique et standard. Derrière le même mot peuvent se cacher des droits très différents, et c'est souvent là que se joue la vraie performance.

Deux actions d'une même entreprise peuvent en effet donner des droits complètement différents selon leur classe. Quand une société lève en série A ou B, elle remet des actions de préférence à ses investisseurs, et des actions ordinaires à ses fondateurs et à ses salariés qui exercent leurs stock-options. La différence saute aux yeux le jour d'une vente ou d'une IPO décevante : l'action de préférence est remboursée en priorité, avant que les autres ne touchent le moindre centime. C'est la clause de liquidation préférentielle. L'action ordinaire, elle, passe en dernier et récupère ce qu'il reste, s'il reste quelque chose.

Un exemple concret.

Une société a levé 150 millions en actions de préférence, avec une préférence classique dite « 1x » : ses investisseurs récupèrent leur mise avant tout le monde. Si l'entreprise est vendue 200 millions, ils reprennent d'abord leurs 150 millions, et il ne reste que 50 millions à se partager entre fondateurs et salariés. La boîte s'est vendue 200 millions, mais eux n'en voient qu'une petite part. Et quand la préférence est plus agressive (certains investisseurs négocient un « 2x », soit le double de leur mise), la somme prioritaire grimpe à 300 millions : sur une sortie à 200 millions, elle absorbe alors la totalité, et les actions ordinaires ne touchent plus rien du tout.

Ce qu'on propose de plus en plus au grand public en pré-IPO, ce sont surtout des parts de seconde main : un investisseur, un salarié ou un fonds qui détient déjà des titres et souhaite sortir. Le point à retenir : en rachetant ces parts, on hérite du rang de leur vendeur dans la file d'attente. Ce rang peut être élevé (si on rachète la ligne d'un fonds entré en série A) ou beaucoup plus bas (des actions ordinaires de salariés). Le vrai risque n'est donc pas d'être forcément mal placé, c'est de ne pas savoir où l'on se situe.

Le jour de l'IPO, tout dépend de sa qualité. Si l'introduction est suffisamment bien valorisée, les actions de préférence se convertissent généralement en actions ordinaires : les différences de classe s'effacent et tout le monde est logé à la même enseigne. Mais si ce seuil n'est pas atteint, ou en cas de vente de gré à gré, les droits préférentiels continuent de jouer, et le porteur d'actions ordinaires repart avec bien moins que la hausse affichée ne le laissait espérer.

Un dernier mécanisme, plus discret, va dans le même sens. Lorsqu'un nouveau tour se fait à une valorisation plus basse que le précédent, certaines actions de préférence bénéficient d'une clause qui ajuste automatiquement leur nombre pour compenser la baisse. Les actions ordinaires, elles, encaissent la dilution en entier. Sur une société qui enchaîne plusieurs tours avant son IPO, cet écart peut peser lourd à l'arrivée.

La leçon est simple : une action n'est pas un produit standard. Avant de se demander combien elle vaut, il faut savoir ce qu'elle est et quels droits elle donne, ou pas. Lors d'une levée, tout cela se négocie. Sur le marché secondaire, tout est déjà fixé, et la seule vraie protection de l'investisseur, c'est de comprendre précisément ce qu'on lui vend.

C'est exactement pour ça que, chez Blast., le rang et la classe des titres sont la première chose qu'on regarde avant d'investir : on privilégie un accès au plus près des vraies actions et des meilleures lignes, plutôt que des montages qui empilent les intermédiaires. Parce qu'en pré-IPO, bien acheter commence par savoir, précisément, ce que l'on achète.