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Cycle d'investissement : comment l'intégrer à l'étude d'un investissement non coté

Cycle d'investissement : comment l'intégrer à l'étude d'un investissement non coté

70 % des startups financées par du capital-risque et fermées depuis 2023 ont cessé leur activité faute de capitaux, selon l'analyse de 431 post-mortems publiée par CB Insights en mars 2026. Le produit existait souvent, les premiers clients parfois aussi. Ce qui a manqué, c'est l'argent pour financer l'étape suivante.

Publié le
2026-09-13
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Cycle d'investissement symbolisé par une grande roue

Qu'est-ce qu'un cycle d'investissement ?

Pour un investisseur privé, la compréhension du cycle d'investissement est primordial pour envisager le développement de l'entreprise dans laquelle il souhaite investir. Une belle traction ne suffit pas : il faut comprendre combien l'entreprise doit encore investir avant d'être rentable, combien de temps cela prendra et qui financera chaque étape.

C'est précisément ce que décrit le cycle d'investissement. Ce guide explique la notion, montre où la repérer dans un dossier de levée de fonds et propose une méthode pour l'intégrer à votre analyse, sans perdre de vue les risques propres au non coté : perte partielle ou totale du capital et illiquidité.

Définition

Le cycle d'investissement désigne l'ensemble des opérations par lesquelles une entreprise engage des ressources durables (équipements, logiciels, recherche, recrutements structurants) pour en tirer des flux de trésorerie futurs. Il part d'un besoin, passe par la décision et le financement, puis s'achève lorsque l'actif a produit ses revenus ou doit être remplacé.

Il se distingue du cycle d'exploitation, qui couvre les opérations courantes (acheter, produire, vendre, encaisser), et du cycle de financement, qui apporte les capitaux. Les trois fonctionnent ensemble : un investissement mal financé ou une exploitation trop gourmande en trésorerie peut suffire à mettre en difficulté une entreprise pourtant prometteuse.

Infos : En 1889, l'économiste autrichien Eugen von Böhm-Bawerk décrit le « détour de production ». Un paysan peut aller chercher l'eau à la source chaque jour, ou perdre d'abord du temps à abattre des arbres pour construire une conduite qui l'alimentera ensuite sans effort. Tout cycle d'investissement repose sur ce pari. Une startup, c'est une conduite très coûteuse dont on ignore encore si l'eau arrivera.

Pourquoi l'investisseur privé doit s'y intéresser

Quand vous entrez au capital d'une entreprise non cotée, vous financez presque toujours une partie de son cycle d'investissement. L'argent levé sert à recruter, développer un produit, ouvrir un marché ou construire un site industriel, rarement à rémunérer les actionnaires à court terme.

Lire ce cycle revient à répondre à trois questions. Que va acheter mon argent ? Combien de temps faudra-t-il pour que ces dépenses produisent des revenus ? L'entreprise aura-t-elle assez de trésorerie pour tenir jusque-là ?

Ces questions complètent l'analyse classique de l'équipe, du marché et de la valorisation, détaillée dans notre guide pour investir dans le non coté. Elles permettent surtout de repérer un dossier dont le plan de développement dépasse les moyens réellement disponibles.

Les trois cycles à lire dans un dossier non coté

Un dossier de levée de fonds raconte surtout une histoire de croissance. Le relire à travers les trois cycles de l'entreprise permet de vérifier que cette histoire tient financièrement.

Cycle Question de l'investisseur Où le lire dans le dossier Signal d'alerte
Exploitation La croissance consomme-t-elle de la trésorerie ? Délais clients et fournisseurs, stocks, BFR BFR qui croît plus vite que le chiffre d'affaires
Investissement Que finance la levée et quand cela rapportera-t-il ? Utilisation des fonds, plan de recrutement, feuille de route produit Dépenses non chiffrées ou sans jalons datés
Financement Qui paiera les étapes suivantes et à quel prix ? Table de capitalisation, dettes, prochain tour prévu Moins de 12 mois de trésorerie post-levée
Propriété intellectuelle & R&D L'avantage concurrentiel est-il pérenne et protégé ? Brevets, stratégie d'innovation, éligibilité CIR/CII, contrats d'auteurs Dépendance critique à une technologie tiers sans licence exclusive
Gouvernance & Capital humain L'équipe a-t-elle la structure et le bon alignement pour exécuter le plan ? Organigramme, pacte d'associés, plan d'intéressement (BSPCE/BSA) Répartition du capital bancale ou absence de clause de vesting pour les fondateurs

Le cycle d'exploitation : la trésorerie consommée au quotidien

Le cycle d'exploitation mesure le temps entre le moment où l'entreprise paie ses fournisseurs et celui où elle encaisse ses clients. Prenons 40 jours de stock et 45 jours de délai client, moins 30 jours de crédit fournisseur : l'entreprise doit financer 55 jours d'activité.

Avec 3 millions d'euros de chiffre d'affaires, ces 55 jours représentent environ 450 000 € de besoin en fonds de roulement (BFR). Si l'activité double, le besoin double aussi. Une partie de l'argent que vous apportez peut donc disparaître dans les créances clients, sans jamais apparaître dans l'utilisation des fonds annoncée.

Infos : Certaines entreprises sont payées avant de dépenser. Les assureurs encaissent les primes des mois, parfois des années, avant de régler les sinistres. Warren Buffett appelle cette trésorerie le « float » et en a fait l'un des moteurs de Berkshire Hathaway. Pour une startup, un BFR négatif fonctionne de la même façon : ce sont les clients qui financent la croissance, pas les actionnaires.

Le cycle d'investissement : les dépenses qui préparent l'avenir

Dans une industrie classique, l'investissement se voit au bilan : machines, bâtiments, véhicules. Dans une startup, il prend surtout la forme de salaires d'ingénieurs, de dépenses de recherche et d'acquisition clients, souvent comptabilisées en charges.

C'est pourquoi une jeune entreprise en forte croissance affiche des pertes, parfois pendant plusieurs années. Ces pertes ne sont pas forcément un mauvais signe : elles peuvent traduire un investissement en cours, comme l'explique notre article PME vs startup : pourquoi une boîte à perte vaut plus. Tout l'enjeu est de distinguer une perte qui construit un actif d'une perte qui compense un modèle qui ne fonctionne pas.

Le cycle de financement : qui paie et à quel prix

La règle de l'équilibre financier veut que les emplois durables soient couverts par des ressources durables. Une entreprise qui finance un développement de trois ans avec une ligne de crédit à six mois prend un risque de refinancement élevé.

Pour l'actionnaire minoritaire, chaque source a un coût. La dette est remboursée avant les actionnaires en cas de difficulté. Les fonds propres, eux, diluent les associés existants à chaque levée de fonds.

Situer l'entreprise dans son cycle d'investissement

Avant d'analyser les chiffres, il faut savoir où en est l'entreprise. Le même besoin de trésorerie n'a pas le même sens pour une société qui cherche son marché et pour une société qui étend un modèle déjà rentable.

Stade du cycle et tour de table

Chaque tour de financement correspond en général à une phase du cycle d'investissement. Les montants et les appellations varient selon les marchés, mais la logique reste la même.

  1. Amorçage (pre-seed, seed) : l'argent finance l'équipe fondatrice, le prototype et les premiers clients. Le risque d'échec est le plus élevé et les chiffres disponibles sont minces.
  2. Développement (série A) : l'entreprise a trouvé des clients et investit pour industrialiser sa vente. L'investisseur doit vérifier que chaque euro dépensé en acquisition rapporte davantage sur la durée.
  3. Expansion (séries B et suivantes) : les fonds servent à ouvrir de nouveaux pays, lancer des produits ou racheter des concurrents. Les montants augmentent, la valorisation aussi.
  4. Maturité : l'autofinancement couvre l'essentiel des investissements. La question devient celle de la sortie : cession, introduction en Bourse ou rachat par un fonds.

Le rythme entre deux tours donne une indication de la durée de chaque phase. Selon Carta, l'écart médian entre un tour d'amorçage et une série A était de 1,9 an au quatrième trimestre 2025 pour les startups américaines, en retour vers la fenêtre traditionnelle de 18 à 24 mois. Une levée censée financer moins de 12 mois d'activité laisse donc peu de marge.

Intensité en capital : tous les modèles ne se valent pas

Un éditeur de logiciel investit surtout dans des équipes. Il peut ralentir ses recrutements en quelques mois si le marché se retourne. Une startup industrielle, de biotechnologie ou de matériel doit financer des équipements, des certifications ou des essais cliniques, sur des cycles bien plus longs et moins réversibles.

Plus le cycle d'investissement est long et capitalistique, plus le nombre de tours à venir est élevé. La dilution et le risque de refinancement pèsent alors davantage sur l'investisseur d'aujourd'hui.

Infos : Amazon, fondée en 1994, n'a publié son premier bénéfice annuel qu'au titre de l'exercice 2003 : 35 millions de dollars, après une perte de 149 millions l'année précédente. Pendant neuf ans, l'entreprise a réinvesti dans ses entrepôts et sa logistique. Pour chaque Amazon, combien d'entreprises ont financé un cycle aussi long sans jamais voir la ligne d'arrivée ?

Comment intégrer le cycle d'investissement à l'étude d'un dossier non coté

La méthode tient en six vérifications. Elles ne remplacent pas une due diligence complète, mais elles obligent à confronter le récit de croissance aux besoins réels de trésorerie.

Relier l'utilisation des fonds à des jalons datés

Un dossier sérieux précise ce que financera la levée : recrutements, produit, marketing, international. Chaque poste doit être relié à un résultat mesurable et à une date, par exemple 1 million d'euros de revenus récurrents annuels dans 18 mois.

Ces jalons sont ceux que regarderont les investisseurs du tour suivant. S'ils ne sont pas atteints à temps, la prochaine levée sera plus difficile ou se fera à une valorisation inférieure.

Calculer le runway après la levée

Le runway est la durée pendant laquelle l'entreprise peut fonctionner avec sa trésorerie actuelle. Il se calcule simplement :

\text{Runway (mois)} = \frac{\text{Trésorerie disponible}}{\text{Consommation nette mensuelle}}

Avec 2 millions d'euros en banque et une consommation de 100 000 € par mois, l'entreprise tient 20 mois. Si le plan de recrutement porte cette consommation à 150 000 €, le runway tombe à environ 13 mois. Demandez toujours le calcul après exécution du plan, pas avec les dépenses du mois en cours.

Intégrer le BFR et les dépenses moins visibles

Le plan de financement oublie parfois la trésorerie absorbée par la croissance elle-même : stocks, créances clients, dépôts de garantie. Comme vu plus haut, doubler un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros avec 55 jours de cycle d'exploitation mobilise environ 450 000 € supplémentaires.

Vérifiez aussi les dépenses d'investissement ponctuelles : déménagement, équipement, certification, remplacement d'un logiciel. Ce sont souvent elles qui raccourcissent le runway réel par rapport au runway annoncé.

Estimer le délai avant l'autofinancement

Le délai de récupération d'un investissement se mesure en divisant la dépense par les flux annuels qu'elle génère : 200 000 € investis pour 50 000 € de trésorerie par an donnent 4 ans. À l'échelle d'une startup, la question devient : à quelle date l'entreprise financera-t-elle ses investissements sans lever de nouveaux fonds ?

Testez la sensibilité de cette date. Que se passe-t-il si le chiffre d'affaires arrive 6 mois plus tard, ou 30 % en dessous du plan ? Un dossier dont l'équilibre ne résiste à aucun scénario prudent dépend entièrement des tours suivants.

Anticiper les prochains tours et la dilution

Si l'entreprise doit encore lever deux fois avant d'être autonome, votre participation sera diluée deux fois. Avec 1 % du capital aujourd'hui et deux tours diluant chacun de 20 %, vous détiendrez environ 0,64 % à la sortie.

La dilution n'est pas un problème en soi si la valeur de l'entreprise progresse plus vite. Elle doit simplement être intégrée dès le départ dans votre analyse, avec les clauses qui l'encadrent (droit préférentiel de souscription, clauses d'anti-dilution). Notre article sur la dilution des startups détaille ces mécanismes.

Vérifier que l'équipe pilote ses cycles

Une équipe qui maîtrise son cycle d'investissement suit chaque mois sa consommation de trésorerie, son BFR et l'avancement de ses jalons. Demandez les derniers reportings aux actionnaires et comparez les prévisions passées aux résultats obtenus.

L'écart entre ce qui était annoncé et ce qui a été réalisé en dit souvent plus long que le plan d'affaires lui-même. Il renseigne sur la capacité de l'équipe à ajuster ses dépenses quand la réalité s'écarte du scénario.

Aligner votre propre cycle d'investisseur

L'entreprise a son cycle d'investissement, vous avez le vôtre. Un dossier solide peut rester inadapté à votre situation si son calendrier ne correspond pas au vôtre.

Horizon et illiquidité

Une participation dans une entreprise non cotée se garde généralement entre 5 et 10 ans, parfois davantage. Il n'existe pas de cotation quotidienne, et la revente avant une cession ou une introduction en Bourse n'est jamais garantie.

Certaines plateformes proposent un marché secondaire, mais la liquidité y dépend de la présence d'un acheteur au prix souhaité. La règle prudente reste de n'investir que des sommes dont vous n'aurez pas besoin avant la fin du cycle de l'entreprise, et d'accepter le risque de les perdre en totalité.

La courbe en J

Dans un portefeuille de participations non cotées, les échecs apparaissent souvent tôt et les succès tard. La valeur du portefeuille baisse donc fréquemment pendant les premières années avant, éventuellement, de remonter : c'est la courbe en J.

Connaître ce profil évite de juger un portefeuille sur ses deux premières années. Il rappelle aussi qu'une remontée n'a rien d'automatique : elle dépend de quelques réussites qui doivent compenser les pertes.

Diversifier dans le temps et par stade

Investir chaque année une part de son budget dédié au non coté, plutôt que tout engager en une fois, permet de traverser plusieurs conditions de marché. Varier les stades (amorçage, développement, expansion) et les secteurs évite que tout le portefeuille dépende d'un même cycle d'investissement.

Cette part doit rester limitée au regard de l'ensemble du patrimoine. Les grands principes sont détaillés dans notre guide sur le private equity pour particuliers.

Infos : Dans le capital-investissement, on parle de millésime, ou « vintage year », comme pour le vin : c'est l'année où un fonds réalise ses premiers investissements. Les fonds d'un même millésime traversent les mêmes conditions de marché, ce qui explique de forts écarts de performance d'une année à l'autre. D'où l'idée d'étaler ses entrées plutôt que de tout miser sur une seule cuvée.

Le cycle économique en toile de fond

Le cycle d'investissement d'une entreprise s'inscrit dans un cycle plus large, celui de l'économie et des marchés financiers. Quand les taux montent ou que la croissance ralentit, les investisseurs deviennent plus exigeants : les tours prennent plus de temps et les valorisations baissent.

Aux États-Unis, où la datation est la plus documentée, les contractions ont duré en moyenne 10,3 mois depuis 1945, contre 64,2 mois pour les expansions, selon le NBER. Les phases difficiles sont plus courtes que les phases de croissance, mais elles tombent rarement au moment prévu.

Pour l'investisseur privé, la leçon est double. Une entreprise dont le runway couvre 18 à 24 mois résiste mieux à une fermeture temporaire du marché du financement. Et plutôt que de chercher le bon moment, il est plus réaliste d'étaler ses investissements dans le temps.

Infos : Aux États-Unis, ce sont les économistes d'un comité du NBER qui datent officiellement les récessions. La crise de 2008 illustre leur prudence : ils ont annoncé en décembre 2008 que la récession avait commencé en décembre 2007. Au moment de l'annonce, les marchés avaient déjà perdu une grande partie de leur valeur. Attendre la confirmation officielle revient souvent à agir trop tard.

Quelques pistes après lecture de cet article ?

Étape 1 : définir votre budget et votre horizon

Fixez la part de votre patrimoine que vous acceptez d'immobiliser 5 à 10 ans, en sachant qu'elle peut être perdue en totalité. Cette enveloppe détermine le nombre de dossiers que vous pourrez suivre et la diversification possible.

Étape 2 : lire l'utilisation des fonds et les jalons

Pour chaque dossier, identifiez ce que finance la levée et les résultats attendus à 12 et 18 mois. Notez les jalons : ils serviront à suivre votre investissement après la souscription.

Étape 3 : recalculer le runway et le BFR

Refaites le calcul du runway avec la consommation prévue après recrutements, puis ajoutez le besoin de trésorerie lié à la croissance. Un écart important avec le chiffre annoncé mérite une question aux fondateurs.

Étape 4 : simuler la dilution des prochains tours

Estimez le nombre de levées encore nécessaires avant l'autofinancement et leur effet sur votre participation. Comparez ensuite ce scénario à la valorisation d'entrée proposée.

Étape 5 : étaler vos entrées dans le temps

Répartissez vos investissements sur plusieurs années, stades et secteurs. Vous réduisez ainsi la dépendance de votre portefeuille à un seul cycle d'investissement ou à un seul contexte de marché.

Étape 6 : confronter votre analyse à d'autres investisseurs

L'analyse d'un dossier gagne à être partagée. Le co-investissement ou le fait de rejoindre un club d'investissement donne accès à des dossiers déjà étudiés par des professionnels de l'investissement et à des échanges avec d'autres membres.

Points principaux à retenir

  • 70 % des 431 startups financées par du capital-risque et fermées depuis 2023 ont manqué de capitaux (CB Insights, mars 2026) : le financement du cycle suivant est un risque central.
  • Le cycle d'investissement engage des ressources durables pour produire des flux futurs. Il se lit avec le cycle d'exploitation et le cycle de financement.
  • Dans une startup, l'investissement passe surtout en charges (salaires, recherche, acquisition clients) : des pertes peuvent traduire un investissement en cours, ou un modèle qui ne fonctionne pas.
  • Runway = trésorerie disponible / consommation nette mensuelle : 2 M€ pour 100 000 € par mois donnent 20 mois, mais 13 mois si la consommation passe à 150 000 €.
  • Avec 55 jours de cycle d'exploitation, 3 M€ de chiffre d'affaires immobilisent environ 450 000 € de BFR, un besoin qui double si l'activité double.
  • L'écart médian entre amorçage et série A était de 1,9 an fin 2025 (Carta) : une levée doit idéalement couvrir 18 à 24 mois.
  • Deux tours diluant chacun de 20 % ramènent une participation de 1 % à environ 0,64 %.
  • Un investissement non coté se garde souvent 5 à 10 ans, peut être perdu en totalité et reste illiquide : étaler ses entrées dans le temps limite la dépendance à un seul contexte de marché.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un cycle d'investissement ?

C'est l'ensemble des opérations par lesquelles une entreprise engage des ressources durables (équipements, logiciels, recherche, recrutements) pour en tirer des revenus futurs. Il va de l'identification du besoin jusqu'à la fin de vie de l'actif financé.

Quelle différence entre cycle d'investissement et cycle d'exploitation ?

Le cycle d'exploitation couvre l'activité courante, de l'achat à l'encaissement des ventes, sur quelques semaines ou quelques mois. Le cycle d'investissement porte sur des dépenses dont les effets s'étalent sur plusieurs années.

Pourquoi analyser le cycle d'investissement avant d'investir dans le non coté ?

Parce que l'argent apporté finance presque toujours une partie de ce cycle. L'analyser permet de vérifier ce que la levée va financer, le délai avant que ces dépenses produisent des revenus et le nombre de tours encore nécessaires.

Comment calculer le runway d'une startup ?

On divise la trésorerie disponible par la consommation nette mensuelle. Le calcul doit intégrer les recrutements prévus et le besoin en fonds de roulement lié à la croissance, sinon il surestime la durée réelle.

Une startup déficitaire est-elle forcément un mauvais investissement ?

Non. Les pertes peuvent refléter des investissements en cours, comptabilisés en charges. Il faut vérifier qu'elles construisent un actif (clients, technologie, parts de marché) et que la trésorerie permet d'atteindre les prochains jalons, sans oublier qu'aucune réussite n'est garantie.

Combien de temps dure un investissement dans le non coté ?

Le plus souvent entre 5 et 10 ans, selon le stade de l'entreprise et le calendrier de sortie. La revente anticipée n'est jamais garantie, même lorsqu'un marché secondaire existe.

Comment limiter les risques liés au cycle d'investissement ?

En diversifiant ses participations par année, stade et secteur, en n'investissant que des sommes dont on n'aura pas besoin à moyen terme et en limitant la part du non coté dans son patrimoine. Ces précautions réduisent le risque sans le supprimer.

Sources et références

  1. CB Insights. « Why Startups Fail: Top Reasons ». New York : CB Insights, mars 2026. Consulté en septembre 2026.
  2. Carta. « Time Between Startup Rounds Is Finally Trending Down ». San Francisco : Carta, février 2026. Consulté en septembre 2026.
  3. National Bureau of Economic Research. « US Business Cycle Expansions and Contractions ». Cambridge : NBER. Consulté en septembre 2026.
  4. Sciences Humaines. « Eugen von Böhm-Bawerk (1851-1914). Le détour de production ». Cairn.info. Consulté en septembre 2026.
  5. Wikipédia. « Détour de production ». Consulté en septembre 2026.
  6. Berkshire Hathaway. « Shareholder Letters ». Omaha : Berkshire Hathaway Inc. Consulté en septembre 2026.
  7. E-Commerce Times. « Amazon Posts First Full-Year Profit ». 28 janvier 2004. Consulté en septembre 2026.

Étudier des dossiers non cotés avec méthode

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