Accueil
Blog
Nettoyer l'espace : un nouveau marché ?

Nettoyer l'espace : un nouveau marché ?

L'accumulation de débris spatiaux crée-t-elle un vrai marché ? Analyse des défis juridiques, des nouvelles règles de désorbitation et des modèles économiques d'acteurs comme Astroscale et ClearSpace.

Publié le
2026-08-30
Résumez cet article avec :
Nettoyage spatial : un marché émergent entre réglementation et défis économiques

Nettoyage spatial : un marché émergent entre réglementation et défis économiques

Début août, le deuxième étage d'une fusée Falcon 9 s'est écrasé sur la Lune, près du cratère Einstein, à 8 700 km/h. Ce morceau de 3 900 kg avait propulsé deux atterrisseurs lunaires en janvier 2025, puis dérivé pendant plus d'un an. Aucune loi n'a été enfreinte, aucune facture n'a été émise, aucun budget n'a bougé.

Le traité sur l'espace de 1967 dit qu'on ne perd pas la propriété d'un engin en l'envoyant là-haut. L'étage appartenait donc encore à SpaceX au moment de l'impact, et personne d'autre n'avait le droit d'y toucher. Mais aucun texte n'obligeait en revanche l'entreprise d'Elon Musk, cotée au Nasdaq depuis juin, à aller le chercher.

Récupérer une épave pareille et empêcher un satellite lancé demain d'en devenir une, sont deux métiers, avec deux clients différents. Dans le premier cas, l'objet est déjà là-haut et son propriétaire ne doit rien à personne. L'ESA recense 1,2 million de fragments de 1 à 10 cm dans le même cas. Dans le second, le satellite n'a pas encore décollé, et l'administration qui délivre son autorisation de vol peut poser ses conditions avant de signer.

C'est ce qu'ont fait les États-Unis. Depuis le 29 septembre 2024, un satellite américain doit redescendre sur la terre ferme dans les 5 ans qui suivent la fin de sa mission. La règle ne vaut que pour les demandes déposées après cette date. Les satellites déjà en vol restent sous l'ancien délai de 25 ans, et les opérateurs étrangers ne sont pas concernés. Au-dessus de 550 km, l'atmosphère ne suffit plus à ramener quoi que ce soit. L'opérateur doit donc embarquer le carburant nécessaire. Ou payer quelqu'un pour venir le chercher.

Astroscale, société japonaise fondée en 2013, se prépare justement à vendre ce service. Son engin, qui porte le nom d'ELSA-M et pèse 520 kg, doit aller chercher en orbite un satellite Eutelsat OneWeb arrivé en fin de vie et le faire redescendre. ELSA-M est encore en cours d'assemblage. Son lancement, confié à la fusée de l'allemand Isar Aerospace, est annoncé pour l'exercice qui s'ouvre en mai 2027, soit 2 ans de retard sur ce qu'Astroscale annonçait encore l'an dernier. Le satellite visé a quitté le sol avec une plaque métallique vissée sur le flanc, que l'engin viendra agripper avec son aimant. Le crochet a donc été posé des années avant la manœuvre, ce qui exclut d'office tout ce qui vole déjà sans plaque. Mais le client, lui, est bien privé.

Le stock déjà en orbite n'a pas trouvé de client. L'ESA a payé 86M€ en 2020 à ClearSpace, société suisse née de l'EPFL en 2018, pour retirer un seul objet, la pièce qui tenait les satellites en haut d'une fusée Vega. Elle traînait là depuis 2013, sur une orbite basse choisie pour qu'elle retombe seule au bout de quelques décennies, dans les règles de l'époque. En 2023, elle a été percutée par d'autres débris et s'est fragmentée. ClearSpace a changé de cible l'année suivante. L'agence n'achetait pas une prestation dont elle avait besoin, elle achetait la preuve qu'un débris peut être attrapé.

Le dernier exercice d'Astroscale, clos en avril 2026, affiche des revenus en hausse de 141,8% et une perte d'exploitation qui vaut 1,7x ces revenus. Au premier semestre, les subventions publiques encaissées dépassaient légèrement les revenus eux-mêmes. Les contrats que la société met en avant viennent des agences spatiales japonaise et britannique, et de l'US Space Force.

Face à ces deux problèmes, il y a donc des typologies de clients très différents. Mais il y a surtout de plus en plus de clients, puisque de plus en plus de sociétés envoient de plus en plus d’engins dans l’espace. De quoi élargir un peu plus le champ des SpaceTechs !

Les actualités de nos startups

Quobly primée à Taïwan.

Quobly, startup grenobloise qui développe des processeurs quantiques sur silicium, vient de recevoir le Global Innovation Award à InnoVEX 2026 à Taïwan dans le cadre de COMPUTEX, l’un des principaux salons tech mondiaux, InnoVEX.

Latitude nomme un DG venu d'Ariane 5.

La SpaceTech Latitude renforce son équipe dirigeante à l’approche de ses premières campagnes de lancement, avec notamment l’arrivée de Philippe Trillat comme directeur général. Fort de plus de 30 ans d’expérience dans l’industrie spatiale européenne, il a notamment participé au développement d’Ariane 5.

Finovox × U-Reg à l'international.

Finovox accélère à l’international avec U-Reg. Sa technologie de détection de fraude documentaire rejoint la plateforme SaaS qui centralise et orchestre les processus réglementaires d’institutions financières en Europe, Asie-Pacifique et Amérique.