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Pourquoi Oura a emprunté pour racheter ses propres actions ?

Pourquoi Oura a emprunté pour racheter ses propres actions ?

Avant son entrée au Nasdaq, Oura a dépensé 1,17 milliard de dollars en rachat d'actions. Découvrez les dessous financiers de sa levée de fonds.

Publié le
2026-09-20
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Pourquoi Oura s'est endettée pour racheter 1,17 milliard de ses propres actions

Pourquoi Oura s'est endettée pour racheter 1,17 milliard de ses propres actions

OURA vend une bague connectée qui suit le sommeil et le rythme cardiaque, et compte 5 M d'abonnés payants. La boîte finlandaise vient de déposer son dossier d'entrée au Nasdaq, et un chiffre du dossier fait tiquer. Entre octobre 2025 et fin juin 2026, elle a dépensé 1,17B$ à racheter ses propres actions, soit 97% de son chiffre d'affaires sur la même période. Pour payer, elle a emprunté 375M$ à ses banques. En Bourse, on associe plutôt le rachat d'actions à une boîte qui ne sait plus quoi faire de son cash. OURA gagne de l'argent et a annoncé en octobre 2025 une levée de plus de 900M$, à 11B$ de valorisation. Pourquoi dans ces conditions s’endetter ?

Parce que ce rachat n'a rien à voir avec ceux d'Apple ou de LVMH. Une boîte cotée qui rachète ses actions passe par le marché et achète à qui veut vendre. OURA n'a pas de marché, ses actions ne s'échangent nulle part. Elles sont réparties entre les fonds qui ont investi au fil des levées, des salariés et les fondateurs. Pour que l'un d'eux récupère de l'argent avant l'entrée en Bourse, il faut que quelqu'un lui rachète ses parts. Chez OURA, ce quelqu'un a été la boîte elle-même.

Le dossier précise d'où vient l'argent : les levées récentes ont à la fois servi à l'activité courante, au remboursement de dettes, aux rachats d'actions et à d'autres besoins généraux. Une partie de ce que les nouveaux investisseurs ont versé est donc repartie dans la poche d'actionnaires plus anciens qui vendaient. Quand la levée n'a pas suffi, la banque a complété.

C'est là que le titre d'octobre devient trompeur. « OURA lève 900 M$ », ici tout le monde comprend : 900 M$ de plus pour fabriquer des bagues et conquérir de nouveaux marchés. En réalité, le montant annoncé d'une levée ne dit rien de la part qui reste effectivement dans l'entreprise. Une partie peut aller directement aux actionnaires vendeurs, ou transiter par la société avant d'en ressortir aussitôt. Chez OURA, c'est ce second cas de figure qui s'est produit.

Ce mécanisme est loin d’être une nouveauté. En mars 2023, Stripe, la plateforme de paiement en ligne, a levé 6,5B$ à 50B$ de valorisation, avec cette phrase dans le communiqué : Stripe n'a pas besoin de ce capital pour faire tourner son activité. L'argent servait à racheter les actions des salariés, et des anciens salariés, ainsi qu’à payer les impôts dus sur ces actions. Les actions rachetées étaient annulées et remplacées par celles émises aux nouveaux investisseurs. 6,5B$ levés, mais pratiquement aucun capital frais pour financer la croissance.

Chez OURA, une partie de ce qui est entré a bien financé l'activité, le reste a payé ceux qui vendaient. Sur la période, 1,17B$ sont allés à des actionnaires qui vendaient, plus que le montant de la levée. La banque a comblé l'écart, et sur les 375M$ empruntés, 350M$ restaient dus au moment du dépôt du dossier. 

Le titre d'octobre disait combien les nouveaux investisseurs avaient payé. Il ne disait pas combien l'entreprise, elle, avait réellement gardé.

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